Est-il possible d’être socialiste et sioniste ?

En Belgique, on trouve des dizaines de rues ou de places, et même une station de métro à Bruxelles qui portent le nom d’EMILE VANDERVELDE. Mais qui était cet homme ?


Né le 25 janvier 1866 à Ixelles (une commune de Bruxelles), Emile Vandervelde (en photo ci-contre) a été l’une des plus grandes figures du socialisme belge et européen. En 1914, il a été nommé Ministre d’État par le roi. Dès 1916, il est devenu membre du Conseil des ministres, puis ministre de l’Intendance de 1917 à 1918. Par la suite, il participera à la Conférence de la Paix à Paris comme membre de la délégation officielle belge. Et de 1918 à 1921, il sera en charge du portefeuille du Ministre de la justice.

Emile Vandervelde a défendu la réforme pénitentiaire, la lutte contre l’alcool, les droits syndicaux, les droits de la femme,… avant d’être nommé aux Affaires étrangères de 1925 à 1927 où il contribuera à l’élaboration du pacte de Locarno. De 1935 à 1936, il est devenu, à nouveau, membre du Conseil des Ministres, puis Ministre de la santé publique. Pendant ces vingt années, les socialistes belges voient aboutir plusieurs des réformes politiques qu’ils avaient appelées de leurs vœux : le suffrage universel ; la liberté syndicale ; la journée de 8 heures ; la pension et l’assurance chômage ; ou encore la loi contre l’alcoolisme, dite «loi Vandervelde».

En 1933, date de la création de la fonction, il assure la présidence du Parti Ouvrier Belge (P.O.B.) et ce durant les cinq dernières années de sa vie. En revanche, ce qui est moins connu, c’est que cette figure du socialisme était un fervent sioniste et plus encore, un sioniste précoce…

Il existe de nombreuses lettres et articles qu’il a écrits et dont je vais vous citer quelques extraits :

«Le Sionisme» (publié dans «La dépêche de Toulouse» du 23 avril 1928) : «Après huit jours passés en Palestine, il ne saurait être question de porter un jugement sur le sionisme. Mais on peut donner une impression et, je le dis tout de suite, cette impression est formidable ! [..] Vers 1340, il n’y avait pour ainsi dire plus de Juifs en Palestine : un peu plus de 7.000, dont 4.500 à Jérusalem. Il y en a 160.000 aujourd’hui, dont 100.000 au moins arrivés depuis la guerre (14-18), de Russie, de Pologne, de Roumanie, des pays à pogroms, et rien n’est plus saisissant que le contraste entre les autochtones que l’on voit, le jour du Sabbat se cogner la tête contre le Mur des Pleurs, et ces nouveaux venus, dont 50% au moins sont des agnostiques, sans aucune autre religion que leur foi ardente en une résurrection nationale».

«Les pogromes de Palestine» (publié dans «La dépêche de Toulouse» du 13 sept. 1929) : «… Si les bagarres s’étaient limitées aux Juifs pieux qui se cognent la tête contre le Mur des lamentations et les derviches qui gardent farouchement l’enceinte sacrée de la mosquée d’Omar… Mais les troubles, en traînée de poudre, se sont étendus à toute la Palestine et l’émir El Hussein, le grand Mufti, déclare qu’il s’agit d’une révolte nationale visant à jeter à la mer les Juifs et – il ne le dit pas, mais on peut croire qu’il le pense – les Anglais et autres chrétiens. [..] La population juive ne s’est accrue qu’assez lentement. Toute immigration a été interdite pendant ces deux ou trois dernières années. Aujourd’hui encore on n’admet de nouveaux arrivants qu’au compte-gouttes. Les sionistes n’ont pas occupé d’autres terres que celles qu’ils ont achetées, très cher, aux propriétaires de latifundia syro-palestiniens».

«Karl Kautsky et le sionisme» (publié dans «La dépêche de Toulouse» du 2 nov. 1929) : «… si d’autre part les autorités britanniques locales en Palestine n’ont pas toujours tenu la balance égale, c’est du côté des Arabes, non des Juifs, que cette balance a penché. [..] Ce qui fait notre sympathie pour l’entreprise sioniste, ce qui la différencie avantageusement de tant d’autres colonisations de peuplement, c’est qu’elle ne recourt, ne peut recourir et ne veut recourir, vis-à-vis des populations arabes ou autres déjà établies en Palestine, à aucune moyen de force, à aucun procédé de contrainte, directe ou indirecte. Toutes les terres qu’elle occupe, elle les a achetées. Toutes les colonies qu’elle a créées, elle les a établies, non à la place des propriétés ou des villages arabes, mais à côté d’eux, transformant, assainissant, rendant à la culture – comme dans l’Émek – des marécages ou des landes abandonnées».

«La bestialité antisémite» (publié dans «Le Peuple» du 26 mars 1933) : «Que dans ce pays, des bandes fanatisées par le mensonge souillent les sépultures d’inscriptions ordurières, mettent à sac des synagogues, qu’il soit nécessaire, comme ce fut le cas au cours de ces dernières semaines, d’assurer la protection des fidèles assemblés dans les temples en mobilisant des forces de police, ce sont des symptômes bien troublants… »

«Idées et doctrines – L’oasis palestinienne» (publié dans « La dépêche de Toulouse » du 28 mars 1933) : « Aujourd’hui, par contre, paradoxe étrange, alors qu’ailleurs rien ne va plus, la Palestine juive traverse une ère de prospérité relative. Elle apparaît comme une oasis dans les déserts de la dépression économique. A Haïfa, comme dans d’autres localités, l’industrie se développe ; les travaux du port sont en voie d’achèvement ; le pipe-line des pétroles de Mossoul, dont une des branches doit y aboutir, lui donnera une grande importance. L’agriculture, modernisée, gagne du terrain sur les marais et sur les landes pierreuses et stériles. Les plantations d’orangers surtout, se développent avec une rapidité inouïe. L’orange est devenue le principal article d’exportation. Les environs de Jaffa et de Tel-Aviv sont déjà un nouveau jardin des Hespérides. [..] Jadis, ils s’en allaient, par grandes masses, aux Etats-Unis. Dans la seule ville de New-York, il y a plus d’un million de Juifs. Aujourd’hui, les Etats-Unis leur sont à peu près fermés par les lois prohibitives de l’immigration, et aussi par un antisémitisme dont l’Allemagne hitlérienne, hélas, est loin d’avoir le monopole. [..] La suite des évènements montrera, nous en avons la ferme conviction, que le peuple Juif, tant de fois persécuté et jamais dompté, trouvera dans la persécution même, de nouvelles forces de résistance et de cohésion».

«Un pays sans chômeurs» (publié dans «La dépêche de Toulouse» du 4 août 1935) : «Lorsque, sur l’invitation du docteur Weizmann, je visitai les colonies sionistes en 1928, la Palestine était en pleine crise, dans l’océan mondial de la prospérité. Aujourd’hui, c’est exactement le contraire. Au milieu de la dépression générale, la Palestine est, en dehors de l’U.R.S.S., à peu près le seul pays qui n’ait pas de chômage et qui vive dans un état de prospérité presque paradoxale. [..] Haïfa [..] était en 1919, une grosse bourgade laissée par les Turcs, de quelque 25.000 habitants. A présent, il y en a plus de 100.000. [..]De même qu’à Haïfa, la population y a presque doublé en trois ou quatre ans. En 1931, (Tel-Aviv) cet ancien faubourg de Jaffa ne comptait encore que 46.000 habitants. Leur nombre, aujourd’hui atteint également 100.000 et, d’une manière générale, l’ancien rêve sioniste de voir un jour dans Eretz-Israël, les juifs égaler ou dépasser les Arabes, n’apparaît plus comme une impossibilité absolue (Ils sont 250.000 aujourd’hui contre 600.000 Arabes et chrétiens)».

«Un précurseur du sionisme au XVIIIème siècle : Le Prince de Ligne» (publié dans «La dépêche de Toulouse» du 28 mai 1936) : «Il suffisait, toutefois, d’aller dans les Etats du Pape, pour trouver, sous le régime de « l’Editto sopra gli Ebrei », un exemple saisissant de l’esclavage moral auquel pouvaient être soumis des gens qui n’avaient commis d’autre crime que d’appartenir à une autre nation ou de professer une autre religion. Nous copions Schulsinger (le conférencier) d’après S.M. Dubnow : « L’Editto rendait de rigueur, à nouveau, le port de la rouelle jaune, faisait payer aux communautés les frais d’évangélisation (des Juifs) et de conversion de leurs apostats, leur imposait des taxes spéciales pour l’entretien des maisons des néophytes, obligeait un tiers des membres à venir chaque samedi soir dans une église pour y écouter des sermons de missionnaires catholiques, sermons forcés qui plus tard, furent prononcés dans les synagogues. Une fois le soleil couché, il était sévèrement interdit de quitter le ghetto sous quelque prétexte que ce fût ; défense était faite de dire des psaumes aux enterrements, de placer d’autre épitaphe sur une tombe que le nom du mort : l’Editto interdisait aux Juifs de se montrer dans les lieux de villégiature des environs de Rome, de rouler en calèche, de tenir boutique en ville, de vendre de la viande ou du lait aux chrétiens. Défense de converser avec les chrétiens en un lieu public. Sont passibles du pilori les parents qui oseraient recueillir leur propre enfant échappé à la maison des néophytes. Tout libre hébraïque, à l’exception de la Bible et des livres de prière, est rigoureusement prohibé. Il est défendu d’ériger de nouvelles synagogues, voire restaurer les anciennes. Les rabbins se voient interdire le port d’un vêtement qui rappelle la dignité de leur ministère. Par contre ils étaient non seulement tenus pour personnellement responsables des délits de leurs ouailles, mais ils avaient encore l’obligation expresse de veiller à ce que ceux-ci assistassent en nombre prescrit aux sermons forcés : les pasteurs forcés de mener leurs brebis aux loups !…».

«Le partage de la Palestine» (publié dans le «Bulletin du Comité Socialiste pour la Palestine Ouvrière», No. 11 – janvier 1938) : «Il y a, de par le monde, dans les pays de la Diaspora, quelque chose comme seize millions d’Israélites, dont dix millions, la plupart nettement différenciés du reste de la population, par l’apparence physique et le costume, en Europe orientale et centrale. Or, chacun le sait, pour ces derniers surtout, la situation devient, d’année en année, plus intenable. [..]  Aussi ne sont-ce pas seulement des impulsions sentimentales, mais des raisons économiques, d’une intensité grandissante, qui poussent des milliers de Juifs vers le Foyer palestinien. [..] Depuis un an, la fin de la grève provoquée par les chefs arabes, les attentats individuels se succèdent, dont certains particulièrement odieux. Ainsi que le constate la Commission des Mandats, les agressions partent des Arabes et, en général « les Juifs ne se sont livrés à des actes de violence que lorsqu’ils étaient en état de légitime défense ». [..] Une proposition a suscité, chez les Juifs du monde entier, une émotion violente : l’exclusion de Jérusalem de l’Etat Juif envisagé. Non pas bien entendu la Jérusalem des Lieux Saints, la vieille cité « intra muros » mais la Jérusalem moderne, la Jérusalem hors des murs, les nouveaux quartiers situés au-delà des murailles de la ville à l’ouest et au nord-ouest, qui constituent, au même titre que Tel-Aviv, une ville entièrement juive de 75.000 habitants».

Extrait d’une lettre adressée à l’Union Sioniste de Bruxelles, le 8 oct. 1936 (dont j’ai pu consulter le manuscrit original, par Émile Vandervelde) : «J’ai le vif regret de vous informer qu’une obligation d’ordre gouvernemental à laquelle je ne puis me soustraire, m’empêche d’être parmi vous. Je le regrette d’autant plus que je comptais saisir l’occasion que vous m’aviez donnée, d’affirmer une fois de plus, ma sympathie intangible pour l’idée réalisée par la Société des Nations, de créer en Palestine un Foyer national Juif, offrant un refuge aux persécutés de l’antisémitisme et, aussi, à ces populations malheureuses de l’Europe centrale et orientale qui ne trouvent plus sur un sol natal surpeuplé, les moyens de vivre. Je voulais aussi faire justice de cette légende stupide qui tend à me faire passer pour un Juif honteux dont le nom véritable serait Epstein et qui se présenterait dans la vie publique sous un nom d’emprunt. Si j’étais Juif, je rougirais de renier ainsi ma nationalité, alors que je serais fier, au contraire, d’être le compatriote d’hommes illustres tels que Marx, Spinoza ou Bergson, qui honorent à la fois leur nation dispersée et l’humanité entière. Mais la simple vérification d’état civil prouverait à ceux qui répandent ce telles contre-vérités, que flamand par mon ascendance paternelle et français par mon ascendance maternelle, je m’appelle très effectivement VANDERVELDE – CARDON. Si depuis ma première jeunesse, je me suis intéressé de tout cœur aux destinées, à la fois glorieuse et pitoyable, de la nation Juive, c’est en m’inspirant de la déclaration de principe du Parti Ouvrier, qui lutte pour tous les opprimés, sans distinction de nationalité, de culte ou de race. Avec l’assurance que je persévérerai dans cette voie, je vous prie de croire en ma fraternelle sympathie et à mon entier dévouement».

«A la mémoire des miliciens juifs tombés pour la liberté de l’Espagne» (publié dans «Le Peuple» du 10 nov. 1938) : «Je suis non-juif, quoi qu’en disent, sans y croire d’ailleurs, ceux de nos adversaires communs qui prétendent que je suis réellement un Juif, mais un Juif honteux d’être Juif ; que je m’appelle de mon vrai nom Epstein, que je m’inflige à moi-même cette diminution morale de n’être pas fier de la grande « nation dispersée » qui donna au monde Ferdinand Lasalle, Karl Marx ou Baruch de Spinoza. Mais, non Juif, je n’en veux que dire plus haut mon admiration et ma sympathie pour les éternels persécutés, qui ont depuis bientôt vingt siècles, su résister, stoïquement et victorieusement, à toutes les entreprises d’anéantissement de leur existence nationale».

«Malédiction sur le racisme» (publié dans « La dépêche de Toulouse » du 8 déc. 1938) : «Je lisais, ces jours derniers, d’intéressantes notes de voyage (Sac au dos) d’un de mes compatriotes, le comte Eugène de Grunne, dont la ferveur catholique, n’a d’égale que l’horreur du fascisme et du racisme. Voyageant en Provence, et passant à Aigues Mortes, il écrit, après avoir visité les tours de l’enceinte où languirent en grand nombre, les protestants qui refusèrent d’abjurer leur religion « après cet acte barbare, stupide et antichrétien » (je cite mon auteur) qui s’appela la « révocation de l’Edit de Nantes » : Dans une des salles étaient enfermées les femmes. L’une d’elles, Marie Durand, y fut emprisonnée à l’âge de seize ans, après s’être mariée « au désert », ainsi qu’on le disait de ceux qui refusaient de faire bénir leur mariage par un prêtre catholique. A cinquante-trois ans elle fut libérée sur l’intervention d’un gouverneur tolérant, le Prince de Beauvau. Pendant les trente-huit années de sa réclusion, elle garda sa foi et soutint par son exemple, ses compagnes de captivité. La tradition veut que ce soit Marie Durand qui, au moyen de ses aiguilles à tricoter ait gravé dans la pierre d’un soupirail, l’émouvant mot d’ordre : « RÉSISTER ». [..] Aujourd’hui, lorsqu’il s’agit des juifs, on ne leur demande pas d’abjurer des croyances : on les rend responsables par la plus monstrueuse des aberrations, de leur origine racique. Mais il en sera d’eux, comme jadis des huguenots. Les uns, tel Einstein et tant d’autres savants, parviendront à partir et feront à d’autres pays, l’apport de leurs activités et de leurs intelligences, voire de leur génie ; d’autres (car on ne déporte pas un demi-million d’hommes et plus) n’arriveront pas à transplanter leur misère ; mais l’histoire du passé nous dit ce que sera l’avenir : c’est dans les pays où la Réforme fut écrasée, comme en France,  que triompha d’abord la Révolution. C’est dans les pays où les nouvelles tyrannies sont en train de passer la mesure que, grâce à la résistance d’indomptables minorités, un peu plus tôt, un peu plus tard, viendra l’heure qui tout paiera. Pour tous ceux qui souffrent pour leur liberté, le mot d’ordre inscrit les murailles d’Aigues Mortes reste le même : RÉSISTER». 

Extrait d’un de ses discours du 2 juin 1928, au «Cercle Artistique» (Anvers) : «Il y a aussi les anciennes colonies en Palestine, celles qui datent d’avant le sionisme, qui ont été créées grâce à la magnifique générosité du vieux baron Edmond de Rotschild. Ma femme et moi avons visité ces colonies : nous sommes allés à Rishon-lé-Sion, à Pétah-Tikvah, et partout nous avons assisté à un spectacle qui au premier abord du moins, donnait chaud au cœur. Nous savons quelles ont été les difficultés de l’établissement. Aujourd’hui, au lieu de terres incultes, de landes desséchées, de marécages malsains, il y a en Palestine, de grands villages de 3.000, 5.000 à 7.000 habitants, comme Pétah-Tikvah. Là où il y a des Juifs en Palestine, on peut voir des arbres, des bananiers, des figuiers, des oranges. [..] Dès à présent, les oranges de Jaffa sont les plus réputées du monde, elles sont merveilleuses !»

Extrait de son discours prononcé le 9 août 1928 lors de la conférence internationale socialiste pour la «Palestine Ouvrière» : «Les Juifs n’ont pas eu besoin de recréer leur foyer pour que le monde entier soit convaincu de leur maîtrise d’hommes d’affaires, mais que des milliers d’entre eux aient eu l’héroïsme de s’orienter vers une vie nouvelle, pleine de risques et de périls, de s’exposer aux plus dures épreuves, de consentir aux plus pénibles sacrifices pour fonder un Foyer national qui soit, avant tout, un Foyer spirituel, un centre de rayonnement de la pensée juive dans le monde, voilà ce qui compte, voilà ce qui vaut plus que d’avancer des capitaux pour construire un port ou pour faire des plantations. Qu’importe, dès lors, qu’à côté d’eux, d’autres hommes, juifs aussi, et même sionistes, mettent en pratique d’autres méthodes, fondées, moins sur l’effort personnel que sur le travail d’autrui. Elles peuvent être lucratives. Elles peuvent avoir pour résultat d’accroître la population juive en Palestine. Elles peuvent créer de la richesse. Elles n’en sont pas moins en contradiction certaine avec cette loi de justice que les prophètes d’Israël ont écrite en traits de feu :

(Ésaïe 65)

17 Car je vais créer de nouveaux cieux Et une nouvelle terre; On ne se rappellera plus les choses passées, Elles ne reviendront plus à l’esprit.

18 Réjouissez-vous plutôt et soyez à toujours dans l’allégresse, A cause de ce que je vais créer; Car je vais créer Jérusalem pour l’allégresse, Et son peuple pour la joie.

19 Je ferai de Jérusalem mon allégresse, Et de mon peuple ma joie; On n’y entendra plus Le bruit des pleurs et le bruit des cris.

20 Il n’y aura plus ni enfants ni vieillards Qui n’accomplissent leurs jours; Car celui qui mourra à cent ans sera jeune, Et le pécheur âgé de cent ans sera maudit.

21 Ils bâtiront des maisons et les habiteront; Ils planteront des vignes et en mangeront le fruit.

22 Ils ne bâtiront pas des maisons pour qu’un autre les habite, Ils ne planteront pas des vignes pour qu’un autre en mange le fruit; Car les jours de mon peuple seront comme les jours des arbres, Et mes élus jouiront de l’œuvre de leurs mains.

Que des millions d’hommes depuis vingt siècles ont bu ces paroles et se sont réchauffés à cette flamme. Les sionistes l’ont ravivée. Ils font revivre la langue et la terre des aïeux. [..] Ils veulent avant tout, être des hommes libres, affranchis de toute servitude, de toute exploitation. Qu’ils tiennent bon. Qu’ils continuent à opposer leur magnifique intransigeance à toutes les causes d’amoindrissement de leur idéal et grandis, exaltés, fortifiés par leur effort même, ils verront s’accomplir la parole du prophète :

(Amos 9)

14 Je ramènerai les captifs de mon peuple d’Israël; Ils rebâtiront les villes dévastées et les habiteront, Ils planteront des vignes et en boiront le vin, Ils établiront des jardins et en mangeront les fruits.

15 Je les planterai dans leur pays, Et ils ne seront plus arrachés du pays que je leur ai donné, Dit L’Éternel, ton Dieu».

Je suis fier de vous dire que le nom de la rue où j’habite porte le nom de «Rue Emile Vandervelde». Puisse le Seigneur susciter d’autres personnes de son calibre, de son talent et de son courage pour diriger la Belgique.

Je remercie le siège du PS (Parti Socialiste) de Belgique de m’avoir donné accès aux articles, lettres et documents originaux provenant des archives personnelles d’Émile Vandervelde.

Luc Henrist, pasteur.

Bibliographie :

. «Le Pays d’Israël» par Émile Vandervelde (Les Éditions Rider, Paris, 1929)

. «Émile Vandervelde – Lettres, articles et discours sur la question juive et le sionisme» (Collection « Musée Juif de Belgique » Bruxelles, 1987)

Luc Henrist